Imgor

C’est un coin de forêt où la nuit les bêtes viennent
Poser leurs corps las et fatigués.
La couche de litière épouse les courbes des souches larges
Dans les robustes angles ronds des douces racines.

C’est Imgor qui s’est réveillé là, de cette nuit paisible.
Il déroule haut son dos qui s’étire et le lève ; debout.

Il est une plante vive au milieu des feuilles mortes.
L’œil d’Imgor, brillant comme l’eau d’une source, s’ouvre dense
Dans la couleur de l’humus et des sangliers épais.

Imgor est humain.
Imgor est animal.
Comme chaque matin depuis,
Imgor est la forêt.

Il grogne, pour déloger pollen, la terre et la poussière
De son nez plein de la forêt.

Au dessus de lui un jeune arbre, un tilleul
Plein de feuilles scintillantes qui
apaisent le vol des moustiques.

Imgor veut suivre l’air
Des insectes et des branches et du ciel.
Il s’entiche d’un nuage vert et danse enfin
La fraîcheur éolienne du petit jour heureux.

Tout chez Imgor embrasse le velours vert
De ses poumons fragiles.
Il se fait un parure et regarde le monde fier
Comme un oiseau de paradis.

Plein et fort de ses ressources il
Offre sa présence a la forêt il
Grogne comme
Grandissent les
Marronniers.

Il se glisse dans les terres molles il
Se lave, éclaboussant les souches de
Ses puissants ferments.

Les sons les chairs les vapeurs les dents la danse lubrique des transes
S’offrent maintenant aux esprits.
Il est l’odeur de la vie et il
Enseigne aux esprits.

Lorsqu’enfin la forêt le regarde,
Imgor la pénètre
Pour enseigner l’étreinte
À l’immensité.

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