L’espoir radical animal

Un mètre cube de rien

Et au dessus, une racine.

Une racine sanguine couchée sur
Ce mètre cube de rien.

Quelques vigoureuses limaces
essayent bien d’accrocher
cette racine presque bleue avec
Leur yeux-langues. Mais

Reste
Impossible
Cette réalisation.

Dans ce mètre cube rien
Ne peut entrer parce qu’
On ne rentre pas dans rien,
On ne monte pas sur rien.

Et rien de ce rien ne peut changer.
Il est un rien envahissant,
Un rien très insistant par
Sa nature qu’il
impose en rien.

Il est donc très intriguant,
Très surprenant même,
Quasi inintelligible même de
Constater qu’une racine, étrange de surcroît,
Repose ici comme               d’autres flotteraient,
Sur ce cube dont
La base est
Dessinée par
L’absurde des limaces.

Et la racine fond en
Fumée polychromatique elle
se désagrège en cendres d’arc en ciel elle
se répand dans le mètre cube et
prépare une hallucination.

Les limaces sont en prière.
Elles chantent dans la langue interdite.
Leur tentacules s’électrisent
d’étincelles blanches détonantes.

Ce qui va naître de rien,
Dans cet œuf de limaces chamanes,
Était déjà dans l’espoir radical
De l’humanité animale.

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